Actualités - Revue de presse

Sept précautions utiles à prendre pour affronter Sassou

De Carlos D’ Oliveira

Les candidats doivent doter leurs représentants de téléphones portables afin qu’ils communiquent avec leurs états-majors... Vous tenez à affronter Denis Sassou Nguesso le 12 juillet prochain ? Noble et légitime ambition. Mais quelles précautions avez-vous prises pour contrer les manœuvres frauduleuses mises au point par ses laboratoires ?

Outre les 500.000 électeurs fictifs qu’il a réussi à ventiler dans le fichier électoral, la multiplication des candidatures dans l’espace téké afin de minorer les voix du candidat Mathias Dzon, l’homme a, dans sa gibecière, d’autres techniques sophistiquées qui vont le propulser à la magistrature suprême dès le 1er tour au soir du 12 juillet 2009. Voici quelques unes qu’il faille prendre le jour du vote.

1. Il est impératif pour le candidat à la future élection présidentielle de connaître le nombre de bureaux de vote dans chaque circonscription électorale et leur emplacements exact.

La précaution a pour but d’éviter le phénomène de bureaux de vote fictifs qui a fait ses preuves lors des législatives de 2007. Faute de le savoir, le candidat court le risque de subir le sort qu’a connu Nick Fila aux législatives de 2007. En effet, pour faire élire son beau-fils Dieudonné Kourissa à Poto-Poto, Sassou et sa Conel avaient ouvert des bureaux de vote fictifs à la gare centrale de Brazzaville et à l’ancien siège de l’Ofnacom à Mpila. Ces bureaux de vote fictifs dont l’existence a été attestée par le Secrétaire général de la Cour constitutionnelle au cours d’un de nos entretiens, étaient accessibles aux seuls éléments de la Garde républicaine qui s’étaient employés à remplir patiemment les urnes.

2. A l’ouverture du scrutin, les candidats ou leurs représentants doivent s’assurer de la disponibilité du matériel électoral dans chaque bureau de vote. Il s’agit principalement :

• des bulletins des candidats : s’assurer qu’ils en existent et en nombre égal pour tous les candidats ; André Milongo en 2002 avait jeté l’éponge, quelques jours avant le scrutin entre autres raisons quand son représentant à Pointe-Noire lui avait appris qu’ils avaient réceptionné 6 fois plus de cartons de bulletins Sassou que de bulletins Milongo… • des enveloppes au format prévu par la loi ; • des urnes : avant le début du scrutin, s’assurer qu’elles sont transparentes et vides ; • des formulaires de transcription des résultats ; • des procès-verbaux du vote ; • de l’encre indélébile.

vote001A propos des formulaires de transcription des résultats, la vigilance des candidats et de leurs représentants dans les bureaux de vote est appelée. En effet, accepter de démarrer le vote sans ces documents serait tomber dans le piège du pouvoir qui en a fait une de ses techniques de prédilection pour éliminer ses adversaires. Emmanuel Boungouandza et Mouanda-Mpassi pourront vous en dire mieux pour en avoir fait les frais en 2007.

En effet, lors des législatives de 2007, constant l’absence de ces documents au premier tour et présumant une manœuvre frauduleuse du pouvoir, l’UPADS avait pris soin de faire imprimer au second tour des formulaires de transcription des résultats, au sceau du Parti. A la fin du dépouillement, les résultats réellement sortis des urnes furent transcrits sur ces formulaires et leur authenticité fut matérialisée par les signatures des présidents des bureaux de vote et des représentants de chaque candidat.

Malheureusement lorsqu’ils furent exhibés devant la Cour constitutionnelle, comme preuve irréfutable de la victoire des candidats de l’UPADS à Mossendjo et à Nkayi, Gérard Bitsindou n’eut que le réflexe de les rejeter, arguant que ces formulaires ne constituaient pas des documents officiels.

A la fin du vote, les représentants des candidats dans chaque bureau de vote doivent veiller à ce que la Conel délivre à chacun, un exemplaire des formulaires de transcription des résultats dûment signés par toutes les parties.

• Il en est de même des procès-verbaux. Ces pièces sont d’une importance capitale en cas de contentieux. Leur disponibilité dans les bureaux de vote doit être constatée à l’ouverture du scrutin. Les représentants des candidats doivent veiller à relever toute remarque ou tout incident pouvant survenir au cours du scrutin sur les procès-verbaux et s’assurer qu’ils sont signés de toutes les parties. En exiger un exemplaire après signature ;

• Les représentants des candidats doivent ramener à l’état-major de campagne de leurs candidats, un exemplaire des fiches de résultats et des procès-verbaux et non des papiers volants ;

3. Pendant le vote, les représentants des candidats dans les bureaux de vote doivent exercer une vigilance accrue sur les urnes. Ne pas sortir de la salle de vote, même en cas de besoin et ne point être distrait, car c’est l’occasion rêvée par le pouvoir pour bourrer les urnes.

4. Les candidats doivent doter leurs représentants dans les bureaux de vote de téléphones portables afin qu’ils communiquent avec leurs états-majors de campagne.

5. Si les bureaux de vote sont dotés de fax, la transmission à Brazzaville des résultats consignés au préalable dans des formulaires officiels et signés de toutes les parties, doit se faire en présence de tout le monde.

6. Dans chaque bureau de vote, doter ses représentants de la loi électorale. Ceux-ci doivent être capables d’interpréter la loi et de s’en référer en cas de besoin ;

7. A la fin du scrutin, ne pas accepter que les urnes soient déplacées. Les représentants des candidats doivent veiller à ce que les éléments de la force publique commis à la sécurité du scrutin ne s’emparent des urnes après le vote, comme il avait été observé en 2007 à Nkayi.

Sans prétendre avoir épuisé l’énumération des précautions à prendre dans le cadre de ce scrutin du 12 juillet 2009, l’application rigoureuse de celles que nous venons de citer pourrait contribuer efficacement à limiter la fraude à laquelle s’est préparé le pouvoir pour élire Denis Sassou Nguesso au 1er tour.

A vous de savoir vous y prendre.

Un homme averti en vaut deux. N’est ce pas ?

Carlos d’Oliveira

Voir en ligne : Mwinda Press

Commentaires

1 Message

  1. Sept précautions utiles à prendre pour affronter Sassou

    Devant plusieurs régularités entourant l’organisation de l’élection présidentielle au Congo, Modeste BOUKADIA a tenu un communiqué de presse dans lequel il a renouvelé son appel à tous les partis politiques à la création d’un gouvernement d’union nationale chargé d’organiser les élections et de mettre fin à la farce électorale. Le recensement n’a pas été fait et les cartes d’identités non distribués... voir sur WWW.CONGO-SANGHA.COM.

    par congo-sangha | 23 juin 2009, 00:33

Répondre à cet article