
Le 28 avril, le Conseil de Sécurité de l’ONU a expédié l’examen de la situation ivoirienne en quinze minute, faisant l’impasse sur le récent rapport à mi-parcours du Groupe d’Experts onusien (S/2009/188), pourtant fort éclairant sur l’une des principales menaces pesant sur le processus de paix. En quelques lignes d’introduction, les experts balaient d’un revers de main l’optimisme feint des diplomates et pointent du doigt les obstacles constitués par des intérêts économiques ivoiriens et étrangers :
« 3. Le Groupe note que, si la situation politique en Côte d’Ivoire
demeure relativement calme, il serait erroné d’y voir un signe de
progrès vers un règlement pacifique de la crise. Dans le nord du pays,
des milices quasi privées contrôlent les ressources naturelles et
continuent d’extorquer des loyers aux entreprises locales et à la
population civile. Comme toute économie quasi étatique de ce type, celle
du nord de la Côte d’Ivoire est tributaire des marchés étrangers pour
l’exportation des ressources naturelles et des relations avec les
fournisseurs étrangers pour l’importation de biens stratégiques comme le
carburant, les véhicules et les armes. Les réseaux économiques opérant
dans le nord de la Côte d’Ivoire s’étendent aussi bien dans le nord que
dans le sud. Le Groupe est d’avis que des parties prenantes économiques
résidant dans les États voisins et dans le sud du pays sous contrôle
gouvernemental bénéficient du statu quo.
4. Le Groupe estime que les nombreuses années de polarisation nord-sud
ont introduit de nouvelles tensions politiques et économiques dans la
crise. Le nord du pays est divisé en plusieurs commandements
politico-militaires qui se disputent (parfois violemment) le contrôle
des ressources naturelles et du commerce. Si la situation politique du
pays venait à se détériorer, menaçant les intérêts économiques de
certaines parties, le Groupe ne peut exclure la possibilité d’une
escalade rapide de la violence armée, en particulier dans le nord.
Malgré l’embargo sur les armes, les parties au conflit demeurent assez
lourdement armées pour engager des hostilités armées soutenues, et
certaines se réarment. Dans les prochains mois, certaines parties
renforceront davantage leur contrôle sur le territoire et les ressources
économiques du nord de la Côte d’Ivoire, augmentant ainsi les enjeux de
tout règlement politique futur. ».
En plus de la charge de l’introduction, les experts promettent dans le rapport final de décembre « une analyse globale des revenus des forces nouvelles ». Parviendront-ils à bousculer le train-train des profiteurs de la crise ?
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Présentation du rapport : http://www2.reliefweb.int/rw/rwb.ns...
Rapport complet PDF (636,1 Kbytes) : http://www2.reliefweb.int/rw/rwb.ns...
Source-Photo : REUTERS/Luc Gnago
Le président ivoirien Laurent Gbagbo avec Vincent Bolloré, à Abidjan, en avril 2008. (IVORY COAST)

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