
Selon lui, après avoir organisé un coup d’Etat militaire, l’ex-Général Aziz est en train d’organiser un coup d’Etat électoral.
Exemples de procédés de fraude
Depuis la semaine dernière, des mauritaniens à l’étranger comme sur place, ont découvert la disparition de leur nom sur les listes électorales.
De nombreuses voix sont achetées. Les bulletins déjà cochés sont imprimés, que les votants doivent déposer dans l’urne. Ils sont rémunérés lorsqu’ils se présentent ensuite auprès des fraudeurs avec le bulletin vierge.
Des citoyens découvrent en se présentant au bureau de vote qu’ils ont déjà voté... De fausses carte d’identités sont imprimées par le directeur de l’Office de l’Etat civil, Cheikh Bounenna Ould El Weli.
Témoignage de la complicité de l’appareil d’Etat
Les militants démocrates du candidat du FNDD qui ont découvert le centre de cette fraude ont appelé la police. Elle leur a déclaré que sa mission se restreint, en cette journée d’élection, à garantir la sécurité dans les seuls bureaux de vote.
Le gouverneur et un membre de la Commission électorale nationale ont accepté de se rendre sur place. Face au directeur de l’Office de l’Etat civil, ils lui ont expliqué qu’ils étaient avant tout là pour le saluer, et qu’ils devaient aussi vérifier des informations problématiques. M. Bounenna Ould El Weli leur a assuré que c’était faux. Ils s’en sont contenté. Un militant présent sur place leur a demandé de fouiller la maison, et le coffre des voitures qui étaient encore garées à proximité. Cela n’a pas été suivi d’effet.
La menace de la répression
Pendant les deux semaines de cette si courte campagne électorale, le candidat du Front National de Défense de la Démocratie (Messaoud Ould BoulkHeir, un ancien esclave qui milite pour l’égalité des droits) a rencontré un écho important. Simultanément, le candidat officiel Aziz perdait chaque jour de ses soutiens. Les Mauritaniens, qui ont gagné par leur mobilisation cette élection, ne se laisseront certainement pas voler leur souveraineté.
La proclamation des résultats risque d’être suivie d’une répression.
Faire circuler l’information
Ces évènements se déroulent alors qu’il n’y a quasiment pas d’observateurs internationaux. L’Assemblée Nationale française a envoyé quatre députés (deux UMP, deux PS) : ils ne sont pas en mesure de couvrir l’étendue du phénomène.
Alors que la France soutient depuis plusieurs mois le camp des putschistes, nous comptons sur le concours de chacun pour faire circuler ces informations. Les démocrates mauritaniens en ont besoin.
Avec notre correspondant à Nouakchott,
Le bureau d’Assez de Coup d’Etat ( membre du collectif "Elections Afrique") Samedi 18 juillet, Paris.

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